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Procès đź’Ż jours : Kikaya bin Karubi, Kamerhe a eu l’audace de livrer Kabila et ses alliĂ©s Ă  la vindicte populaire

Les dernières phrases en quatre langues par lesquelles Vital Kamerhe a conclu son intervention le 11 juin dernier n’a pas laissé indifférentes les personnes avisées. Dans son blog titré, Barnabé Kikaya Bin Karubi, un des proches de Joseph Kabila examine scrupuleusement ces paroles qui, d’après lui, a choisi la mauvaise voie pour dégager sa responsabilité de l’affaire.

Ci-dessous l’intégralité de son texte

» Likambo Ya mabele » ou la politisation d’un procès maladroit

C’est par ces termes génériques dans les quatre langues nationales que Vital Kamerhe a tenu à conclure sa plaidoirie dans le procès où il est poursuivi pour détournement des fonds alloués au programme des 100 jours du Président de la République. Pour ceux qui ne connaissent pas nos langues nationales, ces termes représentent un concept dans la psyché collective des congolais pour signifier de manière générale et émotionnelle, la patrie, la nation, le pays à protéger contre les convoitises des étrangers qui cherchent à nous dominer ouvertement ou de manière subtile.

« Likambo ya mabele », cette expression fétiche coupe-gorge a une histoire dans l’environnement politique congolais. Lancée par Z’Ahidi Arthur Ngoma pour le compte de sa plateforme politique « Camp de la patrie » sous la transition « 1+4 », récupérée par Jean-Pierre Bemba dans le cadre des élections de 2006, relancée par Etienne Tshisekedi en prévision des élections de 2011, elle a été reprise par le « Rassop » entre 2015 et 2018. C’est à l’étape de Genève que Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe vont la brandir pour signifier aux Congolais que Lamuka était dans le schéma de recolonisation du pays. D’où leur retrait et la création du CACH. Que dix-neuf mois plus tard, devenu directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, le président de l’Unc la reprenne à son compte pour s’attirer la sympathie des Congolais alors qu’il est impliqué dans la gestion catastrophique du Programme des 100 jours ne peut que surprendre l’opinion avisée. Car les faits révélés par le procès – dont le prononcé du jugement est prévu le 20 juin prochain – n’ont aucun fondement politique.

Et pour preuves.

Premièrement, lors de la chambre foraine du 11 juin 2020, la défense de Vital Kamerhe fait pression sur le juge pour la diffusion d’une vidéo. Dans l’extrait balancé, le président de la République déclare : « J’invite le Gouvernement de la République à respecter le programme de décaissement pour permettre le parachèvement rapide des travaux…».

En réalité, cet extrait n’est pas du discours du 2 mars 2019 mais du discours sur l’état de la Nation du 19 novembre 2019. Il est d’ailleurs précédé du passage « Le Programme d’Urgence dit des 100 jours a été exécuté sous la conduite de services de la Présidence de la République jusqu’en novembre 2019. Il a été repris depuis lors par le nouveau Gouvernement ». Or, les 57 millions USD à la base du procès ont été payés entre mars et avril 2019, soit 7 mois avant l’instruction du chef de l’Etat donnée au Gouvernement Sylvestre Ilunga Ilunkamba investi par l’Assemblée nationale le 6 septembre.

Deuxièmement, la défense de Vital Kamerhe rempile en extrayant du discours du 2 mars 2019, date de présentation du « Programme des 100 Jours » le passage ci-après : « Aussi, la nécessité de bien coordonner la mise en œuvre de mon action au service du Peuple, m’oblige à revenir aujourd’hui devant vous, Peuple congolais, pour étaler les principales actions que j’entends voir le Gouvernement de la République accomplir au cours de cent premiers jours sous ma supervision».

Or, au cours du procès, la préoccupation majeure pour toutes les parties intéressées, et même pour l’opinion publique, a été d’identifier le superviseur du programme.

La réponse est venue des avocats du directeur de cabinet qui, lui, s’est évertué à se présenter plutôt en simple exécutant et que le superviseur était bel et bien le Chef de l’Etat.

Troisièmement, le long du procès, Vital Kamerhe a utilisé abondamment l’argument « Sur instruction du président de la République», même en sachant pertinemment bien que ses actes allaient à des procédures établies, et dont certaines sont légales. Il a d’ailleurs relevé l’existence des annotations du Chef de l’Etat.

En fin politique, il sait qu’il n’a pas protégé le président de la République. Il a fait le choix de se protéger lui-même, donc de sacrifier le Chef de l’Etat.

Le bouc Ă©missaire, encore et toujours.

Virevoltant, comme pour se tirer d’affaires, Vital Kamerhe, appuyé par sa défense, a imaginé dans ce procès un complot contre Félix Tshisekedi, l’instigateur ne pouvant être que Joseph Kabila et le Fcc, le sempiternel bouc émissaire des nouveaux détenteurs de l’impérium et leurs sympathisants sur les réseaux sociaux et lorsqu’ils se déploient sur les médias traditionnels.

Aussi, lors de la dernière séance, a-t-il fait l’éloge du Programme des 100 Jours qu’il a estimé meilleur comparé aux «5 Chantiers» et à la «Révolution de la Modernité».

Le paradoxe est que l’ancien Secrétaire Général du PPRD semble ne plus se souvenir d’avoir été en 2006 la cheville ouvrière de la campagne de Joseph Kabila, avec comme thème «les 5 Chantiers de la République», programme quinquennal que nous avons élaboré ensemble. Il a formellement démissionné du Parti présidentiel de l’époque en janvier 2011. Ensuite, il a avoué, au cours du procès, avoir trouvé dans les tiroirs (du régime sortant) l’essentiel des projets du Programme des 100 Jours.

Il fonde ainsi la théorie du complot en évoquant comme cause de la jalousie de Joseph Kabila et du Fcc contre Félix Tshisekedi, les acquis de la gratuité de l’enseignement de base, le nombre d’écoles réhabilitées et construites, les effectifs des enseignants etc…faisant table rase des avancées significatives réalisées pourtant par le régime sortant dans tous ces secteurs.

Bref, Vital Kamerhe a poussé l’audace jusqu’à livrer Joseph Kabila et ses alliés du Fcc à la vindicte populaire.

TSHISEKEDI contre KABILA : la gaffe ultime

A partir de cet instant, qu’il soit déclaré coupable ou non coupable au terme du procès, le directeur de cabinet du président de la République a choisi la mauvaise voie pour dégager sa responsabilité de l’affaire : adopter comme stratégie de défense les faits d’exposer le chef de l’Etat Félix Tshisekedi et de discréditer le sénateur Joseph Kabila.

Maladroit a été son stratagème de jouer la carte Tshisekedi contre Kabila en balançant entre-temps le fameux « likambo ya mabele », une gaffe gauche et imparable.

A Kinshasa et dans l’arrière-pays, cette phrase assassine qui n’a jamais porté bonheur à tous ceux qui l’ont utilisée, a été tellement galvaudée, qu’elle ne peut que produire l’effet boomerang : un apocalypse prématuré d’une carrière politique qui avait tout pour être auréolée de toutes les couronnes imaginables, n’eusse été l’infidélité, la lâcheté et la traîtrise : Mushobekwa wa Kalimba Katana, Mobutu Sese Seko, Etienne Tshisekedi, Léon Kengo wa Dondo, le Général Kalume Numbi, Mzee Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila Kabange, Martin Fayulu, Jean Pierre Bemba, Moise Katumbi et, désormais, Félix Tshisekedi Tshilombo…

PortezUnMasque, #LavezVousLesMains 🙏

CALEB_K©

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