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PORT DE BANANA: LE FCC DE KABILA “A SABOTÉ “LES NÉGOCIATIONS DE FELIX TSHISEKEDI AVEC DP WORLD.

L’existence d’une équipe de négociation parallèle avec l’émirati DP irrite Felix Tshisekedi.Sans en avertir le chef de l’Etat, le gouvernement de Sylvestre Ilunga a donné son aval à l’émirati DP World pour prolonger le contrat sur le port de Banana.

Occupée depuis plusieurs mois à renégocier les modalités du contrat passé avec DP World en vue de la construction du premier port en eau profonde de la RDC, à Banana, la présidence congolaise vient de voir ses efforts réduits à néant par la formation politique de l’ex-président Joseph Kabila, le Front commun pour le Congo (FCC), avec lequel Félix Tshisekedi codirige le pays.
Alors que ces discussions avaient abouti à la signature, mi-mars, d’un accord de principe avec DP World qui n’a toutefois jamais été formalisé légalement, la présidence a appris que l’opérateur émirati discutait en parallèle avec le gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Lequel, via le ministre des transports et des communications, Didier Mazengu Mukanzu, a prolongé de dix-huit mois la date butoir de la levée des conditions suspensives du contrat de concession passé avec DP World.

Cet avenant au contrat, qui ne fait nulle part référence aux négociations conduites par la présidence, porte mention de trois autres ministres : celui des finances, José Sele Yalaghuli, le ministre du portefeuille, Clément Kuete Nymi Bemuna, et le vice-premier ministre en charge du budget, Jean Baudouin Mayo Manbeke. Tous membres du FCC, sauf Jean Baudouin et Mayo Manbeke, ces derniers ont conclu cet avenant avec Suhail al-Banna, vice-président et directeur de DP World pour les régions Afrique et Moyen-Orient.

Le premier ministre convoqué par Tshisekedi
Cette décision ôte l’un des principaux moyens de pression de la partie congolaise dans son bras de fer avec l’opérateur. Car il était prévu que le contrat initial, conclu le 23 mars 2018 sous la mandature de Joseph Kabila, devienne caduc deux ans plus tard, soit le 23 mars 2020, si aucun mandataire de l’Etat n’était nommé d’ici là au sein de la société concessionnaire – ce que ni Joseph Kabila ni Félix Tshisekedi n’ont fait jusqu’à présent.

Très critique à l’égard de ce contrat, qu’il juge en défaveur des intérêts de la RDC, Félix Tshisekedi avait profité de cette disposition pour imposer ses vues à DP World et avait missionné pour cela l’un de ses hommes de confiance, son conseiller spécial en charge des infrastructures Alexandre Kayembe de Bampende. D’après les informations d’Africa Intelligence, furieux d’apprendre l’existence de deux équipes parallèles de négociateurs, Félix Tshisekedi a convoqué dans la foulée son premier ministre afin de lui demander de confier le dossier au vice-premier ministre en charge des infrastructures et des travaux publics, Willy Ngoopos Sunzhel – ce dernier fait pourtant partir des rangs de la Kabilie.

Des tensions croissantes au sein de l’exécutif
La décision de prolonger le contrat intervient alors que le géant émirati avait accepté au début de l’année 2020 de s’asseoir à la table des négociations et de revenir sur plusieurs points litigieux. Il s’agissait notamment du périmètre de l’exclusivité, qui était total dans le contrat du 23 mars 2018 et s’étalait sur une zone de 90 km, que la présidence souhaite circonscrire à un terminal à conteneurs, ou encore du très sensible dossier de la base militaire de Banana. DP World avait notamment accepté de revenir sur les dispositions initiales, qui prévoyaient de déplacer à plus de 150 km cette base hautement stratégique située en face de la frontière angolaise, et d’en faire supporter le coût à l’Etat congolais (soit environ 5 millions de dollars).

Conséquence de la confusion au sommet de l’Etat congolais, le projet du port en eau profonde de Banana risque de patienter encore longtemps avant d’être concrétisé. Félix Tshisekedi, qui ambitionne in fine de faire du site l’un des principaux hubs du trafic maritime en Afrique subsaharienne, devrait ne pas désigner de mandataire au sein de la société concessionnaire, et donc empêcher la mise en œuvre du projet, tant que DP World refusera d’accéder à ses demandes.

Un « sabotage »

Qualifiée de « sabotage » par une source au sein de la présidence, la manœuvre du gouvernement illustre les dissensions entre le FCC de Joseph Kabila et Cap pour le changement (CACH), la formation de Félix Tshisekedi. Le climat de tension au sein de la coalition au pouvoir a récemment atteint son paroxysme avec la brève interpellation, le 27 juin, du vice-premier ministre en charge de la justice et membre du FCC Célestin Tunda Ya Kasende, qui portait un projet de loi destiné à renforcer les attributions de son ministère.

Contacté par Africa Intelligence, le ministre Willy Ngoopos Sunzhel n’était pas en mesure de répondre à nos questions. Il a indiqué préférer attendre la dernière position de sa hiérarchie avant de pouvoir s’exprimer

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