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Joseph Kabila et Félix Tshisekedi: Qui va tirer le premier?

LE POTENTIEL

Les armes redoutables de Kabila et Tshisekedi : L’un brandit la destitution, l’autre prépare la dissolution

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Le pouvoir n’est vraiment que quand il est un. Mais depuis la fameuse « passation pacifique » des pouvoirs au sommet de l’État, le 24 janvier 2019, deux camps bien tranchés s’y affrontent à mort : le FCC de l’ex-président  Joseph Kabila et le CACH du président de la République, Félix Tshisekedi.  Le retour pour l’un et le maintien au pouvoir pour l’autre, c’est tout le sens de la lutte des titans à laquelle se livrent Kabila et Tshisekedi. La hargne de leur engagement est claire comme elle l’est dans une basse-cour : dès qu’un nouveau coq surgit, le premier qui soumettait l’environnement avec tous ses privilèges absolus, s’agite. Dès lors, entre les deux coqs, c’est le coureur le plus apte et habile qui gagne l’amour de toutes les poules. Triste loi de la basse-cour ? Non pas ! Dure loi de la cour dans l’actuelle arène politique congolaise.

La zoologie est révélatrice d’une évidence scientifique qui mérite son évocation dans le contexte politique actuel en RDC. Il n’y a pas deux mâles dominants dans un même groupe d’animaux que les autres membres doivent suivre, obéir et se soumettre. Tout naturellement, l’un de deux, doit sportivement passer le flambeau à l’autre. À défaut, c’est une lutte mortelle avec autant d’effets collatéraux qui sera engagée et à l’issue de laquelle seul le survivant va jouir de sa couronne et des privilèges du pouvoir.

Le climat politique post-alternance en RDC correspond exactement à cette illustration. Joseph Kabila et son clan n’excluent rien. Les tenanciers du pouvoir d’avant l’alternance de 2018 s’activent pour ne pas disparaître de la scène politique nationale. Ce serait de bonne guerre dans la conception normale de la politique. Hélas ! Quand les stratégies pour s’accrocher contrarient aux intérêts des populations, il y a donc là un problème.

De son côté, le nouveau patron du pays entend s’affirmer. De plus en plus, Félix Tshisekedi verrouille habilement les attributs de son pouvoir. L’actuel locataire du Palais de la nation dispose, apparemment, d’un scenario à l’avance qu’il met en œuvre depuis son accession à la magistrature suprême.

Dans un travail d’Orfèvre, Félix Tshisekedi a prêché par l’exemple, en frappant au niveau de la justice, d’abord ses proches alliés, avant de viser ceux qui ne lui sont pas proches. Il l’avait prévenu avant même d’accéder à la magistrature suprême qu’il sanctionnerait même ses amis ou membres de sa famille.

La condamnation de Vital Kamerhe a été un signal fort adressé à tous ceux qui se hasarderaient de jongler avec les lois de la République. En toute indépendance, les Cours et Tribunaux se chargent de dire le droit, selon la vision politique du nouveau chef de l’État.

Du coup, le FCC, son allié de la coalition, le soupçonne aussi d’appliquer la même stratégie à son encontre. Le clan Kabila rumine ainsi depuis un temps, parce qu’ayant acté que le président Tshisekedi a un plan de déboulonnage qui le vise directement.

Dans cette guerre ouverte, il faut faire de la résistance. C’est ce qui est constaté. Le but, c’est de freiner le chef de l’État dans son élan avéré ou pas, de démanteler le système Kabila.

Et pour bien des observateurs, il reste cependant à Félix Tshisekedi un obstacle. C’est le plus relevé pour s’ouvrir un boulevard afin d’asseoir librement sa politique et certainement jouer avec succès sur son avenir politique au prochain scrutin de 2023. Cet obstacle s’appelle Joseph Kabila. L’autorité morale du FCC, plateforme majoritaire au Parlement et dans la majorité des assemblées provinciales, est ce verrou que Tshisekedi doit à tout prix faire sauter, avec tact, à l’instar d’un combat sans arbitre entre deux mâles dominants.

Une guerre permanente et latente

À ce stade, chaque camp a compris le jeu. C’est la guerre. On fait semblant de demeurer des partenaires alors que dans le fond, chacun cherche à faire tomber l’autre. Le camp Kabila brandit ainsi sa majorité numérique comme une arme redoutable avec des minutions fatales, la destitution du président de la République.

Cependant, le jeu a été compris d’avance. Avec une majorité écrasante au Parlement et une assise confortable dans les assemblées provinciales, le FCC avait tout pour dompter Félix Tshisekedi. Il « avait », oui, parce qu’avec l’évolution des choses, Tshisekedi qu’on pensait affaibli et presque démuni face à la grande machine politique du Front commun pour le Congo a aussi occupé le terrain, en prouvant cartes sur table qu’il est un fin stratège.

Illustration : la vague de nominations qui font encore polémiques, opérée autant dans l’armée que dans la magistrature. C’est un coup osé et réussi pour le chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui a complètement troublé plusieurs cartes, en tentant même de rouiller cette arme fatale qu’est sa destitution.

À son tour, Tshisekedi a pris conscience d’une arme redoutable à sa portée pour faire mal, c’est les prérogatives que lui confère la Constitution. C’est un détail, et pas le moindre, qui a échappé aux stratèges de la famille politique de Joseph Kabila. C’est ici que, contre la destitution, il sait opposer la dissolution de l’Assemblée nationale pour remettre les compteurs à zéro.

Les deux armes entre les mains de deux mâles qui se veulent tous dominants dans un même groupe sont cependant faites d’autant de dispositifs qu’il faut respecter avant d’en faire usage. Ainsi, va-t-on vivre un combat qui risque de perdurer, sauf si la sincérité et la vérité s’imposaient dans le sens d’un fair-play politique obligeant le président sortant à se mettre effectivement à l’écart pour ne plus influencer, mieux, contrecarrer la vision de l’actuel président de la République, du reste, son partenaire au sein de la coalition.

À tout prendre, il est évident que d’ici 2023, l’un d’entre eux devra s’effacer pour laisser libre cours à l’autre. Qui en sortira gagnant ? Aucune simulation n’est encore permise. Toujours est-il que ce duel va cadencer la vie politique congolaise aussi longtemps que tiendra la coalition au pouvoir.

Le Potentiel.


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